On en parle jusque dans la presse exemple: les échos

LES ECHOS.FR 4 oct 2026 Par Naomie Abdou

Hauts-de-Seine : à Antony, les toits des bâtiments municipaux, un
gisement pour le solaire

A Antony, dans les Hauts-de-Seine, une initiative citoyenne a permis d’installer une centrale photovoltaïque sur le toit d’une école maternelle. Un projet coopératif de transition écologique collective qui s’ancre dans les objectifs de la municipalité.

« Plus d’une fois, le projet a failli s’arrêter », reconnaît Regis Lebrun, le coprésident de l’association Antony Soleil, évoquant la nouvelle centrale photovoltaïque sur le toit de l’école Val-de-Bièvre, à Antony (Hauts-de-Seine). Depuis la rentrée, l’établissement est équipé de 155 panneaux solaires qui entreront en activité d’ici la fin de l’année, au terme de deux années de conception et quelques complications de financement. La centrale photovoltaïque permettra de produire 70MWh par an, qui sera consommée par le conservatoire Darius-Milhaud, le cirque Azimut, l’épicerie coopérative Ma p’tite Echoppe et le gestionnaire de logements Hauts de Bièvre Habitat.


A l’origine du projet, l’association Antony Soleil, engagée en faveur du développement de l’énergie solaire dans la ville : elle a notamment mis en place en 2023 un cadastre solaire à disposition des habitants pour évaluer le potentiel des habitations dans l’optique d’installer des panneaux photovoltaïques.


L’initiative est également portée par la coopérative Sud Paris Soleil, qui assurera l’exploitation du toit de l’école pour les vingt prochaines années. L’association et la coopérative ont créé une boucle d’autoconsommation collective citoyenne (ACC-C), un système de production locale d’énergie distribuée en circuit court (dans un diamètre de 2 km). Cette centrale photovoltaïque coopérative coûte 100.000 euros. La moitié a été financée grâce à une collecte participative auprès des habitants. La Mairie d’Antony, également partie prenante du projet, a investi 2.500 euros, « une caution morale qui montre que la Ville y croit », précise Emmanuel Decrop, conseiller municipal délégué aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.


« Cela ne marchait plus » L’an dernier, le projet a cependant bien failli être annulé. Les discussions achoppaient avec les acheteurs sur le prix futur de l’électricité, le cablage de l’école devenait compliqué, et la décision de recourir à des produits français ou européens, (panneaux Voltec, onduleur SMA Solar…) alourdissait la note. Les frais d’installation s’élevaient à plus de 70.500 euros. « Entre coûts supplémentaires de travaux et recettes en déclin, cela ne marchait plus », se remémore Regis Lebrun, le coprésident de l’association.


Pour obtenir un coup de pouce de l’Etat sous la forme d’une subvention France 2030, Antony Soleil a fait valoi culturels. L’objectif de Regis Lebrun est, d’ailleurs, de soutenir la transition écologique du secteur de la culture, et d’« abonder un fond d’énergies culturelles ». A terme, il espère construire une centrale photovoltaïque sur l’Opéra de Massy, en Essonne.
Habituellement, c’est la Mairie d’Antony qui équipe les bâtiments municipaux, mais pour Emmanuel Decrop, ce projet « créé par les citoyens pour les citoyens, est un moyen d’embarquer les habitants dans la transition énergétique ». La Mairie prévoit qu’un tiers de la consommation énergétique des bâtiments municipaux soit issue de ses centrales photovoltaïques, et de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, conformément auGreen Deal européen. Au total, 706 panneaux photovoltaïques ont été installés à Antony, soit 1.277 m² pour 300 MWh de production d’électricité renouvelable. Et d’ici 2027, une surface totale de 2.292 m² avec 2.225 panneaux photovoltaïques.